L’exposition Corps, prothèses et bio-objets
du 15 novembre au 18 décembre 2011
au Garage, pour Béthune, Capitale Régionale de la Culture 2011.
Pour cette dernière saison de Béthune, Capitale Régionale de la Culture 2011, le Garage, proposait une exposition prometteuse, de par son titre, sur les liens entre Art et Science. L'idée supplémentaire d'associer également les chercheurs de l'Université d'Artois était une superbe plus value et vitrine pour la qualité des formations scientifiques de la région.
L'affiche comme le titre de l'exposition étaient très bien pensés. Et bien sûr, les deux jours de colloques qui accompagnaient l'exposition. Le programme paraissait donc plutôt complet.
Je me suis donc rendue à cette exposition confiante de la qualité de ce que j'y verrai... Et effectivement, il n'y avait rien à redire du choix des artistes et des oeuvres. Pour autant, la qualité des oeuvres et de l'exposition en général était rabaissé par des lacunes en scénographie et également par une médiation un peu chancelante.
Pour être assez précise, je vais donc en faire le point artiste par artiste.
Martin uit den Bogaard :
On nous proposait deux oeuvres de l'artiste, toutes deux basées sur la décomposition de rongeurs, enfermés dans des boîtes de plexiglas.
La première, un jeu entre le scientifique et l'artiste pour dater la mort de souris toutes mortes le même jour exposées les unes à côté des autres, avec au dessus, une feuille de calcul. L'accrochage sommaire de ces feuilles ainsi que leur petite taille ne permettait pas une très bonne compréhension, la rigueur scientifique que l'on pourrait s'attendre à voir était un peu baclé ici.
Pour la seconde oeuvre, expression du son de la mort, on retrouve toujours un petit animal branché à un voltmètre et relié à un ordinateur. Esthétiquement, l'oeuvre aurait pu être bien plus riche et correspondre ainsi à la poésie qu'elle mettait en oeuvre, on aurait pu imaginé être encerclé par la projection du graphisme du son. L'autre problème pour cette oeuvre est une question de médiation, on nous expliqua directement le fonctionnement d e cette oeuvre avant de nous en expliquer son sens, ce qui brisa d'une part toute la poétique mise en place par l'artiste mais aussi et surtout tout le sens de cette oeuvre.
Lisa Bufano :
Lisa Bufano est une artiste atteinte d'une maladie qui l'a contrainte à se faire emputer certaines parties de son corps et qui a transformé ce handicap pour trouver un nouveau moyen d'expression. On nous présente donc certaines de ses prothèses et des vidéos (sans doute un peu trop nombreuses par rapport au nombre de vidéo projecteurs) de différentes performances. On pourra ici encore une fois pointer les faiblesses de médiation : en effet comment peut-on parler de femme performant avec des prothèses sans évoquer Rebecca Horn qui dès les années 60 réfléchit et produit sur les questions du corps et de ses extensions ou encore Frida Kahlo dont l'oeuvre fut influencé par ses handicaps corporels.
Art Orienté Objet :
La plus belle des scénographies pour les artistes-commissaires de cette exposition. Des oeuvres très bien exposées, bien réalisé (bien que par moment, on ait l'impression que la réalisation ait été faite dans la hâte ou de façon moins réfléchit). Pour autant une fois de plus, c'est la médiation qui vient gacher le tout : parler de tatouages sur peaux hybrides de porc et d'humain sans connaître Win Delvoye (et oui, c'est ça de faire une visite avec une étudiante en art voulant étaler ses connaissances...) Le plus gros problème étant qu'à la fin de la présentation des différents travaux du duo artistique, on se demande clairement quel intérêt il y a, et notamment sur la vidéo de « May the Horse Live in me », transfusion de sang de cheval dans le corps d'un des artistes. Les anecdotes et autres informations sont intéressantes, mais elles ne doivent pas venir occulter le propos des artistes.
Jun Takita :
Les oeuvres extrêment poétiques mais aussi complexes de cet artistes étaient véritablement des pièces à mettre en valeur dans cette exposition. Pour l'une, pas de problème, elle était à l'entrée, mais pour autant, manquait de clarté, le public ne sachant pas vraiment quoi regarder ou s'il pouvait s'approcher.
La seconde, dans une salle pouvant être coupée de toute lumière (bien que le calfeutrage à bouts de scotch qui dépassent dans tous les sens ne soit pas des plus esthétiques). Un superbe crâne en matière génétiquement modifié pour pouvoir être luminescent, mais que seuls les spectateurs du vernissage ont pu admirer en train de briller.
C'est là que j'en arrive à diverses propositions qui auraient pu rendre l'exposition bien plus attractive.
Le site dédié à la Capitale Régionale de la Culture propose une galerie de photos ainsi que les liens vers les sites des artistes.
La galerie de photos, imprimée et présentée au mur de façon évolutive aurait rendu certaines oeuvres plus compréhensive et le lieu moins vide.
L'accès aux différents sites d'artistes ou autres articles de presses etc, auraient donnés plus de clefs.
Des contre-collages, ainsi que du lettrage adhésif auraient rendu l'exposition plus noble car au final, malgré de bonnes oeuvres, je suis ressortie déçue de cette dernière exposition.
Aujourd'hui, le Lab-Labanque déménage au Garage le temps d'une réfexion de la banque, j'espère que la qualité des accrochages restera aussi bonne que dans l'ancienne Banque de France.
le lien de cette exposition sur le site de la capitale Régionale de la Culture :
http://www.bethune2011.fr/blog/evenement/corps-protheses-et-bio-objets/